Changement de syndic : quelle majorité en copropriété ?

Le changement de syndic est un moment important dans la vie d’une copropriété. Il peut être motivé par une insatisfaction liée à la gestion de la copropriété, un manque de transparence, des honoraires du syndic élevés ou simplement par la volonté de moderniser le fonctionnement de l’immeuble.

Mais une question revient systématiquement en assemblée générale : quelle majorité faut-il pour changer de syndic ?

Pourquoi envisager un changement de syndic copropriété ?

Un syndic joue un rôle central dans la gestion de la copropriété. Il administre les parties communes, prépare l’assemblée générale, exécute les décisions votées et assure le suivi financier. Le syndic en place doit également respecter ses actions du syndic définies par le contrat de mandat.

Lorsque la gestion ne correspond plus aux attentes des copropriétaires, un changement peut s’imposer. Les situations les plus fréquentes concernent un manque de réactivité, des difficultés de communication efficace avec le conseil syndical, une comptabilité peu lisible ou encore une absence d’outils en ligne facilitant l’accès aux documents nécessaires.

Aujourd’hui, de nombreuses copropriétés s’orientent vers un syndic professionnel digital. Ce modèle offre davantage de transparence, une meilleure traçabilité des dépenses et un accès simplifié aux informations pour tous les copropriétaires. Cette évolution répond aux besoins spécifiques des copropriétés modernes.

Quelle majorité est requise pour changer de syndic ?

La désignation d’un nouveau syndic se vote obligatoirement en assemblée générale des copropriétaires.

La loi impose la majorité absolue prévue à l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Cela signifie que la décision doit recueillir la majorité des voix de tous les copropriétaires, qu’ils soient présents, représentés ou absents. Les voix sont calculées en fonction des tantièmes détenus dans la copropriété.

Dans un immeuble représentant 1 000 tantièmes, il faut donc obtenir au minimum 501 tantièmes favorables pour que le changement soit adopté. Cette règle s’applique également pour le syndic à la majorité.

Si la résolution n’atteint pas cette majorité mais obtient au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote peut être organisé immédiatement à la majorité simple (article 24). Cette règle permet d’éviter certaines situations de blocage.

Il est essentiel de ne pas confondre majorité simple et majorité absolue, car une erreur dans le calcul peut invalider la décision.

Changement de syndic procédure : les étapes clés

Un changement de syndic ne peut pas être improvisé. Il repose sur une procédure précise et encadrée par la loi Alur.

Inscription à l’ordre du jour

La première étape clé consiste à inscrire la question du changement à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Tout copropriétaire peut en faire la demande auprès du syndic actuel.

La demande doit obligatoirement inclure les projets de contrat du nouveau syndic proposé, afin que les copropriétaires puissent voter en connaissance de cause. Sans contrat joint, la mise au vote n’est pas valable selon l’obligation légale.

Mise en concurrence des syndics

Le conseil syndical doit procéder à une mise en concurrence préalable. Cette obligation vise à garantir la transparence et à permettre aux copropriétaires de comparer plusieurs propositions et modèles de gestion.

Il peut s’agir d’un syndic professionnel traditionnel, d’un syndic digital ou, dans certains cas, d’un syndic bénévole. Chaque candidat doit présenter une fiche d’information détaillée. Chaque modèle présente des avantages et des contraintes qu’il convient d’évaluer en fonction de la taille de l’immeuble et des attentes des copropriétaires.

Vote en assemblée générale

Lors de l’assemblée, les contrats sont présentés et débattus. Le vote intervient ensuite selon les règles de majorité prévues par la loi.

Le syndic dont le contrat obtient la majorité requise se voit confier un nouveau mandat. La durée du mandat est fixée dans le contrat adopté. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, un second vote à la majorité simple peut être organisé.

Changement de syndic reprise des comptes et transition

Une fois le changement voté, le syndic sortant doit transmettre l’ensemble des archives, des documents comptables et des fonds au nouveau syndic dans un délai d’un mois. Cette période de passation est cruciale pour assurer la continuité des services essentiels.

Cette étape est essentielle pour assurer la continuité de la gestion de la copropriété et éviter toute rupture administrative. Le nouveau syndic doit également s’assurer de la bonne transition avec l’ancien syndic.

Changer de syndic en cours de mandat : révocation du syndic

Il faut distinguer le simple non renouvellement du syndic en AG et la révocation du syndic anticipée.

La révocation d’un syndic professionnel en cours de mandat est possible, mais elle doit également être votée à la majorité absolue. Elle doit reposer sur un motif légitime, comme des manquements graves dans la gestion.

En cas de révocation abusive, la copropriété peut être condamnée à verser des dommages et intérêts. Il est donc conseillé au conseil syndical de constituer un dossier solide avant d’engager cette procédure.

Les documents indispensables selon la loi Alur

Pour que le changement soit juridiquement valable, certains éléments doivent impérativement être joints à la convocation d’assemblée :

  • Le contrat du nouveau syndic (modèle conforme au contrat type réglementaire) ;
  • Le projet de résolution soumis au vote ;
  • Le détail des honoraires et prestations ;
  • La durée du mandat proposée ;
  • La fiche d’information sur les prestations.

Ces documents permettent aux copropriétaires d’exercer leur droit de vote de manière éclairée. Le processus respecte ainsi les exigences de transparence.

Délai pour changer de syndic de copropriété

Le choix d’un syndic ne doit pas être une décision prise uniquement sur la base des honoraires. La qualité de la gestion de la copropriété est déterminante pour la bonne santé financière et juridique de l’immeuble.

Il est recommandé d’analyser la transparence des comptes, la disponibilité des équipes, la qualité des outils en ligne, l’accompagnement du conseil syndical et la capacité à anticiper les travaux dans l’immeuble.

Quel est le coût d’un changement de syndic ?

Dans la plupart des cas, le changement de syndic n’engendre pas de coût significatif pour la copropriété.

Les frais liés à la transmission des archives sont encadrés par la réglementation. Les principaux risques financiers concernent surtout les situations de révocation anticipée sans motif valable.

En revanche, un changement réussi peut générer des économies à moyen terme grâce à une meilleure gestion et une mise en concurrence plus efficace des prestataires.

Les erreurs à éviter

Certaines erreurs peuvent compromettre la validité du vote ou retarder le changement :

  • Oublier de joindre le contrat du nouveau syndic ;
  • Mal calculer les tantièmes lors du vote ;
  • Confondre majorité absolue et majorité simple ;
  • Négliger la mise en concurrence préalable ; 
  • Sous-estimer le rôle du conseil syndical ;  
  • Ne pas respecter le délai d’un mois pour la transmission des documents.

Une préparation rigoureuse est la clé d’une transition sereine. Le syndic en exercice doit également faciliter le processus de changement.

Questions fréquentes sur le changement de syndic

Qui préside l’assemblée générale lors d’un changement de syndic ?

L’assemblée générale est présidée par un président de séance élu parmi les copropriétaires présents en début de réunion. Le syndic, même s’il organise matériellement l’assemblée, ne la préside pas. Le procès-verbal de la réunion doit mentionner cette désignation.

Quelle majorité est requise pour changer de syndic ?

Le changement de syndic se vote à la majorité absolue (article 25). Il faut obtenir la majorité des voix de tous les copropriétaires, calculées selon leurs tantièmes. Cette majorité de l’article 25 est obligatoire pour valider la décision.

Comment se déroule un changement de syndic de copropriété ?

Le processus comprend l’inscription à l’ordre du jour, la mise en concurrence des syndics, le vote en assemblée générale, puis la transmission des documents et des fonds par le syndic sortant au nouveau syndic. Un PV d’AG officialise la décision.

Quelle majorité faut-il pour donner quitus au syndic ?

Le quitus est voté à la majorité simple (article 24), c’est-à-dire à la majorité des voix exprimées par les copropriétaires présents ou représentés lors de l’assemblée. Cette résolution est distincte du changement de syndic.

Comment changer de syndic de copropriété ?

Pour changer de syndic, il faut proposer un nouveau contrat, l’inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée, respecter la mise en concurrence et obtenir la majorité absolue lors du vote. Le conseil syndical joue un rôle central dans la préparation du changement. Cette procédure garantit la moitié des tantièmes minimum pour valider la décision.

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