Le syndic de copropriété joue un rôle central dans la gestion d’une copropriété. Il administre l’immeuble, exécute les décisions prises en assemblée générale, gère les finances et accompagne le conseil syndical au quotidien. Pourtant, il arrive que la relation entre le syndic de copropriété et les copropriétaires se détériore avant la fin du mandat en cours. Manque de réactivité, mauvaise gestion, absence de transparence ou désaccords répétés peuvent conduire à une volonté claire : changer de syndic hors échéance.
Mais est-il réellement possible de changer de syndic en cours de mandat ? Quelles sont les conditions prévues par la loi ? Quelles démarches suivre pour que le changement soit valide et efficace ? Voici un guide complet pour comprendre, étape par étape, comment procéder à une procédure changement de syndic conforme.
Pourquoi vouloir changer de syndic de copropriété ?
Changer de syndic n’est jamais une décision anodine. Elle découle le plus souvent d’une accumulation de dysfonctionnements ressentis par les copropriétaires ou le conseil syndical. Plusieurs raisons légitimes peuvent justifier cette démarche administrative.
La première raison évoquée concerne la gestion de l’immeuble. Retards dans le suivi des travaux, difficultés à obtenir des réponses claires, erreurs comptables ou manque de rigueur dans l’exécution des décisions d’assemblée générale peuvent fragiliser la confiance. Lorsque ces problèmes deviennent récurrents, la copropriété peut se retrouver pénalisée financièrement ou juridiquement. Un syndic professionnel doit assurer un bon fonctionnement de la copropriété.
Le conseil syndical joue alors un rôle d’alerte. En tant qu’intermédiaire entre le syndic de copropriété et les copropriétaires, ses membres sont souvent les premiers à constater un décalage entre les engagements du contrat de syndic et la réalité du terrain. Cette perte de confiance alimente progressivement la volonté de changer de syndic.
Les frais de syndic peuvent également motiver cette décision. Un syndic actuel proposant des honoraires trop élevés ou des prestations inadaptées peut pousser les copropriétaires à rechercher un nouveau syndic offrant un meilleur rapport qualité-prix.
Enfin, la mise en concurrence apparaît comme un levier naturel. Comparer plusieurs syndics permet de réévaluer les besoins de la copropriété, d’optimiser les coûts et d’améliorer la qualité du service. De plus en plus de copropriétaires s’orientent vers des solutions plus modernes, comme le syndic en ligne, pour gagner en transparence et en efficacité.
Changer de syndic hors échéance : ce que dit la loi
La loi encadre précisément le mandat du syndic afin de garantir la stabilité de la copropriété. En principe, le syndic de copropriété est désigné pour une durée déterminée, inscrite dans son contrat de syndic. Toutefois, changer de syndic en cours de mandat reste possible, sous certaines conditions strictes définies par la loi Alur.
Le mandat en cours peut être interrompu par une révocation du syndic votée en assemblée générale. Cette révocation du syndic doit reposer sur un motif légitime, tel qu’une mauvaise gestion, un manquement aux obligations légales ou contractuelles, ou une perte de confiance manifeste. Une révocation sans motif légitime peut exposer la copropriété à des indemnités.
La décision de révocation et de changement de syndic doit être inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale. Le vote se fait selon les règles de majorité prévues par la loi, nécessitant une majorité absolue des voix des copropriétaires présents et représentés. Si cette majorité n’est pas atteinte au premier vote, un second vote peut être organisé selon des modalités spécifiques.
Concernant la mise en concurrence syndic, la loi impose en principe de présenter plusieurs projets de contrats. Toutefois, il existe des cas de dispense de mise en concurrence, notamment lorsque le conseil syndical estime que celle-ci n’est pas pertinente ou en cas d’urgence. En revanche, une absence de mise en concurrence non justifiée peut fragiliser la décision.
Procédure de changement de syndic : les étapes clés
Mise en concurrence du syndic
La première étape du processus consiste à organiser une mise en concurrence rigoureuse. Le conseil syndical doit solliciter plusieurs candidats syndics et analyser leurs propositions. Cette démarche administrative permet d’identifier le futur syndic le mieux adapté aux besoins de la copropriété.
Les documents nécessaires pour cette mise en concurrence incluent les projets de contrats, les fiches d’information détaillant les prestations et tarifs, ainsi que les références des syndics candidats. Cette étape est cruciale pour assurer un choix du syndic éclairé.
Convocation de l’AG et ordre du jour
L’inscription du changement de syndic à l’ordre du jour doit respecter des délais précis. La convocation de l’AG doit être envoyée au moins 21 jours avant la date prévue, accompagnée des documents nécessaires permettant aux copropriétaires de prendre leur décision en connaissance de cause.
Vote et majorités requises
Le vote en assemblée générale suit des règles strictes. Pour la révocation du syndic actuel, une majorité absolue est généralement requise. Si cette majorité n’est pas atteinte, un second vote peut être organisé selon les modalités de l‘article 24 de la loi du 10 juillet 1965.
Non renouvellement du syndic en AG : une alternative
Lorsque le mandat arrive à échéance, le non-renouvellement du syndic constitue une alternative plus simple que la révocation. Cette procédure ne nécessite pas de motif légitime et permet aux copropriétaires d’opter pour un nouveau syndic sans justification particulière.
Le non-renouvellement s’inscrit dans le cadre normal de la gestion de copropriété et évite les complications juridiques liées à une révocation en cours de mandat.

Qui tient l’assemblée générale en cas de changement de syndic ?
Lorsqu’une procédure de changement de syndic est engagée, plusieurs cas de figure peuvent se présenter concernant l’organisation de l’assemblée générale :
Si le syndic en place respecte ses obligations, il convoque normalement l’assemblée générale même si l’ordre du jour prévoit sa révocation. Cette situation, bien qu’inconfortable, respecte le cadre légal.
En cas de carence du syndic actuel ou de refus de convoquer l’assemblée, le président du conseil syndical peut prendre l’initiative. Si cette démarche échoue, tout copropriétaire peut saisir le tribunal pour désigner un administrateur provisoire chargé d’organiser l’assemblée.
Comment changer de syndic de copropriété : guide pratique
Préparation en amont
Avant d’engager toute procédure, il convient d’analyser les motifs du changement et de s’assurer qu’ils constituent des raisons légitimes. Une mauvaise gestion, un manque de réactivité ou des dysfonctionnements répétés peuvent justifier cette démarche.
Mobilisation des copropriétaires
Le succès d’un changement de syndic repose largement sur la mobilisation des copropriétaires. Il est essentiel de sensibiliser l’ensemble des copropriétaires aux enjeux et de recueillir les procurations nécessaires pour atteindre les majorités requises.
Choix du nouveau syndic
Le choix du nouveau syndic doit tenir compte de plusieurs critères : expérience, références, tarifs, qualité du service proposé. Certaines copropriétés optent pour un syndic bénévole, d’autres préfèrent un syndic professionnel ou un syndic en ligne selon leurs besoins spécifiques.
Délai pour changer de syndic de copropriété
Les délais pour changer de syndic de copropriété varient selon la procédure choisie :
- En cas de révocation : la procédure peut être engagée à tout moment, mais nécessite le respect des délais de convocation (21 jours minimum) ;
- En cas de non-renouvellement : la procédure s’inscrit dans le calendrier normal des assemblées générales ;
- En urgence : une assemblée générale extraordinaire peut être convoquée avec des délais réduits dans certaines circonstances.
La date de prise d’effet du nouveau mandat doit être clairement définie lors du vote, en veillant à assurer la continuité de la gestion.
Changement de syndic reprise des comptes
La transition entre l’ancien syndic et le nouveau syndic constitue une étape cruciale. Le syndic sortant doit transmettre l’ensemble des documents de la copropriété : comptes, contrats, dossiers techniques, correspondances.
Cette passation inclut notamment :
- La remise des comptes de la copropriété ;
- Le transfert des contrats en cours ;
- La transmission des dossiers de travaux ;
- La remise des clés et codes d’accès.
Le nouveau syndic doit vérifier l’exhaustivité des documents transmis et peut demander des compléments si nécessaire.
Frais changement de syndic : ce qu’il faut savoir
Les frais liés au changement de syndic comprennent généralement :
- Les honoraires du nouveau syndic pour la prise de fonction ;
- Les éventuels frais de passation ;
- Les coûts liés aux démarches administratives ;
- Les frais de mise en concurrence.
Il est important de budgéter ces éléments en amont et de les intégrer dans la réflexion sur l’opportunité du changement.
Lettre type pour un changement de syndic de copropriété
Pour formaliser une demande d’inscription à l’ordre du jour, une lettre type peut être utilisée. Cette lettre doit préciser :
- L’objet de la demande (changement de syndic) ;
- Les motifs invoqués ;
- Les propositions de nouveaux syndics le cas échéant ;
- La demande d’inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée.
Cette lettre doit être adressée au syndic actuel par courrier recommandé avec accusé de réception.
Les avantages d’un syndic en ligne moderne
Le changement de syndic est souvent l’occasion de repenser la gestion de la copropriété. Un syndic en ligne comme Cotoit propose une approche plus transparente, plus collaborative et mieux adaptée aux attentes actuelles des copropriétaires.
Grâce à des outils numériques, les copropriétaires accèdent facilement aux documents, suivent les décisions et échangent avec le conseil syndical. Cotoit accompagne également les démarches pour changer de syndic, en sécurisant chaque étape du processus, de la mise en concurrence au vote en assemblée générale.
Erreurs à éviter lors d’un changement de syndic
Certaines erreurs peuvent compromettre le changement de syndic ou générer des litiges :
- Une préparation insuffisante de la mise en concurrence ;
- Un ordre du jour incomplet ou mal formulé ;
- Un vote mal sécurisé juridiquement ;
- Un manque d’implication du conseil syndical ;
- L’absence de motif légitime en cas de révocation ;
- Le non-respect des délais légaux.
Éviter ces écueils permet de sécuriser le changement et de garantir une transition fluide vers le nouveau syndic.
Questions fréquentes sur le changement de syndic
Quelles sont les étapes pour changer de syndic ?
Changer de syndic implique de préparer la mise en concurrence, d’inscrire la décision à l’ordre du jour de l’assemblée générale, de voter la révocation et la nomination du nouveau syndic, puis d’organiser la transmission des documents nécessaires.
Est-il possible de changer de syndic en cours de mandat ?
La loi autorise le changement de syndic en cours de mandat, à condition que la décision soit votée en assemblée générale à la majorité absolue et qu’elle repose sur un motif légitime.
Quelles sont les conditions pour changer de syndic de copropriété ?
Le changement nécessite une inscription à l’ordre du jour, un vote conforme aux règles de majorité absolue, et le respect des obligations légales, notamment en matière de mise en concurrence du syndic.
Qui tient l’assemblée générale en cas de changement de syndic ?
En principe, c’est le syndic actuel qui convoque l’assemblée générale. En cas de carence, le président du conseil syndical peut prendre le relais, et en dernier recours, un administrateur provisoire peut être désigné par le tribunal.
Comment changer de syndic de copropriété ?
La procédure implique une mise en concurrence, l’inscription à l’ordre du jour, le vote en assemblée générale et la transition vers le nouveau syndic. Chaque étape doit respecter les délais et formalités légales pour garantir la validité du processus.