Changer de syndic est une décision importante dans la vie d’une copropriété. Que ce soit pour améliorer la gestion de l’immeuble, réduire les coûts ou retrouver un dialogue plus fluide, de nombreux copropriétaires s’interrogent sur le bon moment et la bonne manière d’engager ce changement. La loi encadre strictement la procédure, mais elle laisse aussi une vraie marge de manœuvre aux copropriétaires lorsqu’ils sont bien informés.
Pourquoi envisager un changement de syndic ?
Le changement de syndic n’est jamais anodin. Il intervient généralement lorsque la gestion de la copropriété ne répond plus aux attentes des copropriétaires ou lorsque des dysfonctionnements apparaissent dans le suivi quotidien de l’immeuble.
Parmi les raisons les plus fréquentes, on retrouve un manque de transparence dans la gestion financière, des difficultés à obtenir des réponses claires, une mauvaise anticipation des travaux ou encore des honoraires jugés trop élevés par rapport aux services rendus. Dans certains cas, le syndic ne respecte pas ses obligations légales, ce qui peut mettre la copropriété en difficulté. Pour identifier précisément ces dysfonctionnements, il est utile de connaître les 10 signes d’un mauvais syndic qui doivent alerter les copropriétaires.
Changer de syndic permet alors de repartir sur des bases plus saines, avec un modèle de gestion mieux adapté aux besoins de l’immeuble et aux attentes des copropriétaires. Pour comprendre en détail les motivations qui peuvent pousser une copropriété à cette décision, consultez notre guide sur pourquoi changer de syndic de copropriété.
Quand peut-on changer de syndic de copropriété ?
La loi prévoit plusieurs moments clés pour changer de syndic. Le plus courant reste la fin du mandat du syndic en place, mais ce n’est pas le seul.
À la fin du mandat du syndic
Le mandat du syndic est obligatoirement à durée déterminée, généralement comprise entre un et trois ans. À son échéance, les copropriétaires peuvent décider de ne pas le renouveler et de nommer un nouveau syndic lors de l’assemblée générale.
C’est la situation la plus simple sur le plan juridique, car elle ne nécessite aucune justification particulière. Il suffit d’inscrire la mise en concurrence et le changement de syndic à l’ordre du jour de l’assemblée.
En cours de mandat, sous conditions
Il est également possible de changer de syndic en cours de mandat, mais cette décision doit être solidement motivée. On parle alors de révocation du syndic. Celle-ci doit reposer sur des manquements sérieux, comme une mauvaise gestion, l’absence de suivi des travaux, des erreurs comptables répétées ou le non-respect des décisions votées en assemblée.
La révocation doit impérativement être votée par les copropriétaires, dans le respect des règles de majorité prévues par la loi.
Loi Alur changement de syndic : ce que vous devez savoir
La loi ALUR du 24 mars 2014 a introduit des dispositions importantes concernant le changement de syndic de copropriété. Cette réglementation autorise désormais les copropriétaires à mettre en concurrence les contrats de syndic lors de la convocation d’assemblée générale, renforçant ainsi leurs droits et leur pouvoir de décision.
Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, la mise en concurrence peut se faire à chaque fin de mandat, et devient même obligatoire tous les 2 ans pour un contrat annuel et tous les 6 ans pour un contrat triennal. Cette mesure vise à améliorer la transparence et à permettre aux copropriétaires de bénéficier des meilleures conditions de gestion pour leur immeuble.
Quelle est la procédure pour changer de syndic ?
Changer de syndic nécessite de suivre une procédure précise afin d’éviter tout risque de contestation. Chaque étape est importante pour garantir la validité du changement.
Inscription du changement à l’ordre du jour
La première étape consiste à demander l’inscription du changement de syndic à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Cette demande peut être faite par un ou plusieurs copropriétaires, ou par le conseil syndical.
Il est indispensable de joindre à cette demande un ou plusieurs projets de contrats de syndics concurrents, afin de permettre un vote éclairé.
Mise en concurrence des syndics
La mise en concurrence est devenue une obligation légale, sauf exceptions prévues par la loi. Elle permet aux copropriétaires de comparer plusieurs offres sur des critères objectifs comme les honoraires, les services inclus, la gestion en ligne, ou encore l’accompagnement lors des travaux.
Vote en assemblée générale
Le changement de syndic doit être voté en assemblée générale. Deux votes sont généralement organisés : l’un pour mettre fin au mandat du syndic sortant, l’autre pour désigner le nouveau syndic.
Le vote se fait sur la base des tantièmes détenus par chaque copropriétaire, et non sur le nombre de personnes présentes.
Quelle majorité est nécessaire pour changer de syndic ?
La majorité requise dépend de la situation et du type de décision prise lors de l’assemblée.
Dans le cas d’un changement de syndic à la fin du mandat, la décision est prise à la majorité absolue de l’article 25 de la loi de 1965, c’est-à-dire la majorité des tantièmes de l’ensemble des copropriétaires.
Si cette majorité n’est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des tantièmes, un second vote peut avoir lieu immédiatement à la majorité simple de l’article 24.
En revanche, pour une révocation en cours de mandat, la majorité absolue est obligatoire dès le premier vote, car il s’agit d’une décision plus engageante pour la copropriété.
Quels documents sont nécessaires pour le changement ?
Le changement de syndic implique un certain nombre de documents essentiels pour assurer la continuité de la gestion de l’immeuble.
Le syndic sortant doit transmettre l’ensemble des archives de la copropriété, notamment la comptabilité, les contrats en cours, la liste des copropriétaires, la répartition des tantièmes et les dossiers liés aux travaux. Cette transmission doit intervenir dans les délais légaux après la fin du mandat.
Le nouveau syndic peut ainsi reprendre la gestion sans rupture et assurer une transition fluide.
Quels sont les impacts d’un changement de syndic sur la copropriété ?
Un changement de syndic bien préparé a généralement des effets très positifs. Il permet d’améliorer la gestion quotidienne, de mieux anticiper les travaux, de renforcer la communication avec les copropriétaires et de remettre à plat certains contrats.
À l’inverse, un changement mal anticipé peut entraîner des retards administratifs ou des tensions internes. D’où l’importance de suivre chaque étape avec rigueur et de choisir un syndic capable d’accompagner la copropriété dès la prise de mandat.
Comment bien choisir son nouveau syndic ?
Le choix du nouveau syndic est une décision stratégique. Il ne doit pas se baser uniquement sur le prix, mais aussi sur la qualité de la gestion proposée et sur l’adéquation avec les besoins de l’immeuble.
Il est recommandé d’évaluer :
- la clarté du contrat et des honoraires ;
- la capacité à gérer les travaux ;
- les outils de gestion en ligne ;
- la disponibilité des équipes ;
- et la transparence financière.
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Questions fréquentes sur le changement de syndic
Peut-on changer de syndic en cours de mandat ?
Oui, il est possible de changer de syndic en cours de mandat, mais uniquement en cas de manquements avérés. La révocation doit être votée en assemblée générale à la majorité absolue et être dûment justifiée pour éviter toute contestation.
Quelle est la procédure pour changer de syndic ?
La procédure comprend plusieurs étapes : l’inscription du changement à l’ordre du jour, la mise en concurrence des syndics, le vote en assemblée générale, puis la transmission des documents entre l’ancien et le nouveau syndic.
Quelles sont les raisons pour changer de syndic ?
Les raisons peuvent être multiples : mauvaise gestion, manque de transparence, honoraires excessifs, suivi insuffisant des travaux, difficultés de communication ou non-respect des décisions votées par les copropriétaires.
Quand peut-on changer de syndic ?
Le changement peut intervenir soit à la fin du mandat du syndic, soit en cours de mandat via une révocation votée en assemblée générale, sous réserve de respecter les règles de majorité prévues par la loi.
Le changement de syndic a-t-il un impact sur les contrats en cours ?
Les contrats conclus au nom du syndicat des copropriétaires restent en principe valables. Le nouveau syndic reprend leur gestion et peut proposer leur renégociation si cela est dans l’intérêt de la copropriété.